Une rentrée scolaire en « mode raté »

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Une rentrée scolaire en « mode raté »

Déploiement de force face aux banderoles

Première journée sans école pour les jeunes de l’île dont les plus grands ont des examens à préparer et jusqu’à ce mardi soir pour remplir leurs inscriptions Post Bac. Avec la nouvelle version Parcourssup, les enseignants doivent émettre un avis sur les capacités de leurs élèves en fonction de leurs choix, mais comment le pourraient-ils à Kahani où depuis janvier, les cours n’ont quasiment pas eu lieu ?

La ministre a évoqué hier le nombre de 2.000 prof présents pour la rentrée pour 2.500 élèves, et 110 écoles ouvertes sur 180. Le vice-rectorat faisait état d’un taux de présence variant de zéro élèves à 850, ce record étant détenu par le lycée de Petite Terre.

A Tsimkoura, la colère reste vive, avec une interpellation inquiétante : « Où étaient les forces publiques promises par le gouvernement en ce jour de rentrée pour sécuriser notre établissement ? » L’île est censée grouiller de forces de l’ordre, mais il faut dire qu’elles devaient partager leur énergie à encadrer la visite de la ministre des Outre-mer. On a d’ailleurs assisté à une situation cocasse d’un gros déploiement de gendarmes pour encadrer 6 porteuses de banderoles, des cadres mahoraises qui avaient décidé de faire entendre leurs voix, « On est décidé, on est déterminé ».

« L’Education et la formation, les oubliées des annonces »

Lors de la manifestation du 27 novembre 2017

Le personnel du lycée interpelle : « Comment assurer la sécurité de nos élèves, des élèves et personnels venant d’autres établissements ? Quelles sont les solutions prévues pour pallier le manque de personnel de vie scolaire, membres indispensables à la sécurité quotidienne de notre établissement ? (5 Contrat Unique Insertion non renouvelés depuis novembre du fait de la lenteur cumulée des services du Vice Rectorat et de Pôle Emploi), Quand va t-on mettre en place à Mayotte les moyens pour un service d’Education qui répondent exactement aux besoins et difficultés de nos élèves afin de lutter contre le décrochage scolaire et une meilleure réussite de tous ? »

Et accuse : « Combien de morts violentes, d’agressions, de viols et de suicides va-t-il encore falloir avant que le gouvernement ne réagisse et ne trouve des solutions pérennes radicales pour sécuriser le 101ème département français ?Quel soutien vont apporter les services du Vice Rectorat à notre collègue Vincent Segbo agressé sauvagement le 10 mars à Doujani et qui est profondément choqué et gravement blessé ? » Ils demandent la prise en compte de « l’état d’urgence de notre département ».

Heureusement que la ministre n’a pu suivre le parcours « hors sol » qui lui était concocté en Petite Terre avec des visites d’école et de collège à Passamainty, car elle n’aurait pas eu une vision réaliste des difficultés que rencontre l’Education nationale à Mayotte.

Le SE UNSA de son côté, « se félicite des première annonces de la ministre, mais déplore « qu’elle n’ait rien apporté de concret pour améliorer le service public d’éducation, pour la prévention de la délinquance, pour le réseau associatif ou la formation post-bac. L’éducation, la formation, la prévention, la protection de la jeunesse: les grands oubliés de ces annonces du MOM », et appelle à manifester ce mardi.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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