Stefan Gygax, "ranger" à Tetiaroa

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Stefan Gygax, "ranger" à Tetiaroa
PAPEETE, le 13 février 2018 - Il passe tout son temps ou presque à Tetiaroa. Il accompagne les scientifiques, surveille la partie du lagon qui est protégée, participe à la restauration des motu, ramasse les déchets. Stefan Gygax est "ranger" pour la Tetiaroa Society. Un poste qu’il occupe depuis cinq mois et qui le comble.

"En général je suis avec les scientifiques le matin et l’après-midi je suis sur le lagon pour contrôler les activités sur la partie qui est protégée (voir encadré réglementation)", raconte Stefan Gygax. Il doit s’assurer que personne ne vient y pêcher, (certains pêcheurs de Tahiti s’y installent l’après-midi après avoir fait la traversée en matinée), il nettoie aussi les motu, participe à leur restauration. Il est aussi, de temps à autre, contraint par des tâches administratives, "mais cela reste tare. En général on est dehors, on agit".

Depuis cinq mois, Stefan Gygax est "ranger" à Tetiaroa où il vit durant quatre semaines successives. Il est installé dans les bâtiments du motu Onetahi. Il rentre ensuite une semaine à Tahiti avant de repartir pour quatre semaines. Il a accepté ce poste en connaissance de cause, ravi de constater que, finalement, ses missions étaient à la hauteur de ses attentes.

Trois rangers

Au total ils sont trois à être ranger sur l’atoll de Tetiaroa. Ils travaillent pour la Tetiaroa Society. Le poste de ranger a été créé il y a un an et demi. "Au départ, c’était un test. La mise en place de rangers était un projet pilote et finalement, on devrait s’inscrire dans le temps."

Stefan Gygax est né à San Francisco en 1990 d’une mère polynésienne et d’un père Suisse. Il a passé la moitié de sa vie aux États-Unis et l’autre en Suisse. "J’avais une quinzaine d’années quand on est allés s’installer en Europe." Là, à la sortie du lycée, il a étudié la physique appliquée. "Je suis allé poursuivre mes études en Californie entre 2010 et 2014." Puis il est retourné en Suisse. Il a commencé sa vie professionnelle bien loin du turquoise des lagons. "J’étais dans une boîte spécialisée notamment dans la fabrication de colles industrielles pour le secteur automobile."

Besoin de nature

En 2016, sans savoir exactement ce qu’il voulait faire, il a souhaité se rapprocher de ses parents qui résident en Polynésie française et vivre plus proche de la nature. "J’avais besoin de quitter les grandes villes occidentales trop stressantes. C’est surement mon âme polynésienne qui a parlé." Il a choisi Hamilton en Nouvelle-Zélande. "Je me suis inscrit en master d’ingénieur, l’idée étant de m’ouvrir de nouvelles portes. "

Lors d’un séjour à Tahiti, et alors qu’il venait de postuler pour un emploi en Australie, il a trouvé ce poste de ranger à Tetiaroa. "Ce que j’aime c’est être sur le lagon toute la journée ou presque, c’est faire des choses concrètes pour la nature. Par exemple, après une tempête, on retrouve plein de déchets sur les motu, on les ramasse, c’est tangible."

Mais l’entreprise australienne pour laquelle il a postulé l’attend. "Je m’étais quelque peu engagé avant de venir à Tahiti, sinon je serais resté ici", rapporte-t-il à regret. "Je vais donc quitter Tetiaroa dans les semaines qui viennent en fonction de la date d’obtention de mon visa." Rien ne dit, toutefois, qu’il s’éloigne définitivement. Son âme polynésienne pourrait bien s’exprimer à nouveau.

Réglementation

La moitié nord du lagon de Tetiaroa est libre des activités de pêche (dans le respect de la réglementation générale), à l’exception de la pêche au fusil sous-marin de nuit, reconnue comme particulièrement efficace.
La moitié sud se voit fermée à toute pêche, y compris la pêche à pied sur le récif barrière. La pêche au filet devient interdite à l’intérieur de tout le lagon de Tetiaroa, en plus du rappel de la réglementation générale de 1988 qui interdit l’usage de tout filet sur les pentes externes dans toute la Polynésie française.
Des dérogations sont prévues pour des programmes de recherche ayant pour but d’améliorer les connaissances scientifiques, de proposer des actions de réensemencement en ressources appauvries, et d’orienter des activités éco-touristiques avec le maximum de pertinence à Tetiaroa.
Source : Direction des ressources marines et minières

La Tetiaroa Society

Tetiaroa Society, une ONG fondée en 2010 aux États-Unis sous la houlette des héritiers de Marlon Brando. Son but, qui respecte la vision de l’acteur américain amoureux de la nature, est de favoriser la préservation de la petite île et de développer la recherche sur « l’interdépendance durable ». Ce terme désigne le rêve d’arriver à une relation complémentaire, même « symbiotique », entre la nature et l’humanité. La Tetiaroa Society dispose d’un bâtiment pouvant héberger jusqu’à 16 scientifiques en mission, d’un petit laboratoire, et l’hôtel lui prête ses navettes pour transporter les scientifiques.


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