Pour les tavana, l’abstention « gonflée » par de mauvaises listes électorales

Voir les commentaires
Pour les tavana, l'abstention « gonflée » par de mauvaises listes (...)

© Nicolas Perez

Si l’abstention a atteint des records lors des dernières élections territoriales, plusieurs tavana de Tahiti affirment que le nombre des abstentionniste est « gonflé » artificiellement par de nombreuses irrégularités sur leurs listes électorales. Electeurs décédés, inscrits en doublon dans deux communes ou partis définitivement du territoire… Selon les élus, les listes doivent être « nettoyées ».

Au premier tour des dernières territoriales, pas moins de 79 546 électeurs inscrits en Polynésie ne sont pas allés voter. Un chiffre qui est tombé à 68 511 au second tour. Une participation très faible par rapport aux dernières élections territoriales, mais encore au dessus des dernières législatives -107 537 abstentionnistes- et de la présidentielle de l’an dernier -108 330 abstentionnistes. Pourtant, pour bon nombre de tavana, ces chiffres ne traduisent pas qu’un désintérêt des électeurs. Plusieurs édiles dénoncent des problèmes de mise à jour des listes électorales.

Le tavana de Mahina, Damas Teuira, explique par exemple avoir pris les devants plusieurs mois avant l’élection. En février dernier, il a réuni la commission de révision des listes électorales « pour faire un toilettage des personnes qui sont décédées ou de celles qui ne viennent plus voter à Mahina ».

Malgré le travail en amont effectué en partenariat avec le haut-commissariat, les tavana sont unanimes : « il existe quand même des coquilles », nous explique un élu. Parmi elles, il y a notamment des problèmes de « doublons ». Anecdote assez incroyable confiée par un maire de Tahiti : un électeur inscrit sur sa commune était également maire aux Tuamotu ! Un autre élu de Tahiti raconte : « notre prêtre est parti depuis des années en Italie et il est toujours sur notre liste électorale ».

Thierry Demary, directeur de cabinet du tavana de Arue, le confirme : « il faut se retrousser les manches et y aller. C’est un chantier que doit mener le haut-commissariat en partenariat avec les communes ».

Pour éviter toutes ces « coquilles », le tavana de Mahina, Damas Teuira, évoque l’inscription de sa commune sur une plateforme numérique « valable pour l’ensemble des 38 000 communes de la République, y compris la Polynésie ». Plateforme qui permet « d’inscrire les électeurs, mais aussi de vérifier le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales ». Il affirme que ce système pourrait diminuer la marge d’erreur, « mais charge après au service de l’Etat de vérifier s’il n’y a pas de doublons dans d’autres communes ». Un autre problème se pose pourtant selon l’édile de Mahina : le décès d’un de ses électeurs dans une autre commune.

Pour les municipales de 2020, Damas Teuira compte encore faire du nettoyage sur les listes électorales. Il a d’ores et déjà demandé à ses services de lui faire un « ratio sur tous ceux qui n’ont pas participé aux votes ces cinq dernières années ». Tout ce travail va selon lui diminuer le taux d’abstention : « je pense qu’on peut arriver à un taux de participation qui avoisine les 65% ».

Enfin, autre élément qui pourrait aussi aider les communes à nettoyer les listes électorales, c’est le recensement effectué en 2017. Ce qu’explique Thierry Demary.

Lire la suite de l'article ici :

Partager cet article

Ecrire un Commentaire

Autres articles