[Pierrot Dupuy] Une réforme des retraites plus dangereuse qu’il n’y parait

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[Pierrot Dupuy] Une réforme des retraites plus dangereuse qu'il n'y (...)


Attention, danger! Emmanuel Macron choisit le pire moment pour s’attaquer à la réforme sur les retraites, la plus dangereuse de son quinquennat.

Le pire moment parce qu’il l’aborde très affaibli: l’affaire Bennala, de nombreuses gaffes médiatiques qui ont plombé son image, les démissions de deux ministres d’Etat à quelques semaines d’intervalle, un remaniement qu’il a le plus grand mal à réaliser…

La plus dangereuse car elle touche l’ensemble des Français sur un sujet hyper sensible qui a déjà mis dans la rue plus d’un million de Français en 2003 et en 2010.

La plus dangereuse aussi car, pour la première fois, il n’est pas question de bricoler notre système de retraite en reculant l’âge du départ. Non, c’est fois, c’est une vraie révolution qui nous est proposée avec un changement complet du mode de calcul.

Finies les annuités, on accumulera désormais des points.

Finie la disparité entre public et privé: une retraite très avantageuse calculée sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires, contre les 25 dernières années pour les salariés du public. Avec le nouveau système, on les accumulera tout au long de sa vie professionnelle.

Finis les 20 et quelques régimes différents, avec notamment tous ces fameux régimes spéciaux dont celui de la SNCF est sans doute le plus symbolique. Dorénavant, tout le monde sera logé à la même enseigne.

Finie la non-prise en compte des primes dans la retraite des fonctionnaires.

Des points supplémentaires, entraînant une hausse de la pension, seront accordés dès le premier enfant, ce qui constitue une nouveauté. Aujourd’hui, ce type d’avantage n’est prévu qu’à partir de la troisième naissance.

L’âge auquel les personnes pourront réclamer le versement de leur pension reste fixé à 62ans, les pensions de réversion seront maintenues, tout comme le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées. Ainsi que les mesures de solidarité qui existent aujourd’hui pour «les interruptions d’activité», comme le chômage, l’invalidité, la maladie ou la maternité.

On le voit, Jean-Paul Delevoye, celui qui est en charge du dossier, n’a pas l’intention de passer en force comme Emmanuel Macron a pu le faire par le passé, dans d’autres dossiers.

Est-ce dû à son caractère, tout en rondeurs à l’image de son physique? Est-ce dû au climat ambiant, qu’il sent hostile? Pressent-il que les Français, qui ne sont pas descendus dans la rue pour les précédentes réformes, pourraient le faire, en masse cette fois-ci? Nul ne le sait.

Quoi qu’il en soit, les syndicats demeurent dans l’expectative. Sans doute parce qu’ils ont compris que, si le projet tel qu’il est présenté aboutissait, il suffirait au gouvernement de modifier la valeur d’achat et de liquidation du point pour baisser leurs retraites.

Aujourd’hui, il faut une loi pour modifier le système, ce qui suppose un débat parlementaire qui dure des mois et qui laisse le temps à l’opposition de s’organiser, de mettre en place des manifestations. Demain ce sera beaucoup plus facile. Un jour, les Français se réveilleront et apprendront que le gouvernement a gelé la valeur du point de retraite dans la nuit. Voire même qu’il l’a diminué parce que le système est déficitaire. De la même manière qu’il l’a fait pour le salaire des fonctionnaires. Et là, il sera trop tard pour réagir…
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