[Pierrot Dupuy] Il reste qui au PS à part Gilbert Annette ?

Voir les commentaires
[Pierrot Dupuy] Il reste qui au PS à part Gilbert Annette ?
Ce qui faisait la force du parti socialiste jusqu'ici, c'était sa capacité à réussir à faire l'amalgame entre des courants aux opinions très diverses. Et souvent opposées.

Les élus socialistes avaient coutume de dire: "On peut être en désaccord, on peut débattre pendant des heures, mais à la fin on se range derrière l'avis majoritaire".

Faut croire que cet assemblage d'opinions hétéroclites et de fortes personnalités a volé en éclat depuis quelques années.

En métropole, Jean-Luc Mélanchon d'abord puis Benoit Hamon pour ne citer que les plus connus ont quitté le navire pour créer leurs propres mouvements. On peut aussi citer Emmanuel Macron qui, s'il n'a jamais été encarté au PS, en a longtemps été proche. Ou encore Manuel Valls, qui lui est allé encore plus loin puisque, non content de quitter le PS, il a choisi aussi d'abandonner la France pour s'envoler pour Barcelone où il va briguer la mairie aux prochaines municipales.

La Réunion n'est pas en reste. Le premier à avoir contesté la main mise du clan Annette sur la fédération avait été Patrick Lebreton, le maire de Saint-Joseph, qui avait créé le Progrès en 2013 en compagnie d'autres poids lourds socialistes, Jean-Claude Fruteau, Michel Vergoz ou encore Jean-Jacques Vlody.

En 2015, Jean-Jacques Vlody décide de quitter le Progrès pour retourner dans sa famille d'origine. Un an plus tard, c'est au tour de Jean-Claude Fruteau de suivre le même chemin.

Alors que Jean-Claude Fruteau a déjà annoncé sa retraite politique à l'occasion des prochaines municipales, c'est Jean-Jacques Vlody qui annonce ce week-end qu'il quitte à nouveau le PS pour fonder son propre mouvement, L'Union Citoyenne pour le Tampon (UCT), sous les couleurs duquel il compte se présenter aux municipales de 2020. Il reproche notamment au PS d'être dans "une opposition systématique, bête et méchante".

Pendant ce temps, la section socialiste du Tampon est à la dérive, comme la plupart des autres sections de l'ile, passant de 250 adhérents en 2012 à une cinquantaine aujourd'hui.

Du coup, que reste-t-il au PS ? Pas grand chose et plus grand monde.

On pourrait le résumer par Gilbert Annette et son clan. La famille, dont Ericka Bareigts, ses élus et... Et c'est presque tout.

Des militants, il n'y en a presque plus, au point que l'on se demande qui va faire la campagne sur le terrain pour les prochaines municipales. Et ce n'est pas la suppression des contrats aidés qui va permettre au maire de Saint-Denis de venir opportunément gonfler les rangs des préposés au porte-à-porte à la veille de l'élection, comme il avait l'habitude de le faire.

En terme de résultats électoraux, le PS ne pèse plus non plus. Hormis l'élection d'Ericka Bareigts aux législatives, grâce au soutien massif des moyens municipaux, au détriment de Monique Orphé qu'on avait sacrifié sans aucun état d'âme, les socialistes de Gilbert Annette en sont réduits à jouer les forces d'appoint. Comptant sur les talents de stratège de Gilbert Annette pour réussir quelques coups.

Il y en a des gagnants, comme le soutien au LPA pour faire élire Michel Dennemont aux sénatoriales, et d'autres perdants comme celui à Pierrick Robert aux législatives de ce week-end, avec le succès que l'on connait.

Après la quasi-disparition du PCR, va-ton assister à la disparition d'un autre poids lourd de la politique à la Réunion? En fait, la survie du PS va beaucoup dépendre de son résultat aux municipales à Saint-Denis. Si Gilbert Annette gagne cette élection, il va bénéficier d'une bouffée d'oxygène et créer les conditions d'un passage de relais en douceur du mouvement et de la ville de Saint-Denis à Ericka Bareigts. S'il perd, la fin sera proche...

www.zinfos974.com
Lire la suite de l'article ici :

Partager cet article

Ecrire un Commentaire

Autres articles