Mon coup de gueule contre la médecine nucléaire !

Voir les commentaires
Mon coup de gueule contre la médecine nucléaire !
Vendredi 27 septembre 2018, 8 heures du matin,convocations pour scintigraphie au CHD de Saint-Denis.

Nous étions une douzaine de patients. Mais avez-vous remarqué que depuis quelques années pour les hôpitaux nous sommes passé du qualificatif de patient à celui de client?... Nous venions de tous les coins de l'île, beaucoup accompagnés d'une ambulance. Jusque-là rien d'anormal me direz-vous et je vous l'accorde.

Le service de cardiologie dans lequel nous étions convoqués est le seul dans toute la région Océan Indien. Le service de médecine nucléaire est intégré à ce service mais en est complètement séparé. Il est dans un sous-sol difficile d'accès. C'est un véritable blockhaus. Séparé de l'hôpital... Séparé du monde... Tout cela a son importance et nous allons vite le voir.

La première question que l'on est en droit de se poser est: qu'en est-il des spécialistes qui y travaillent?

À 9h15, alors que nous avons tous dans le bras notre perfusion contenant le produit de contraste radioactif, une infirmière nous annonce qu'il y aura du retard. Le cardiologue n'est toujours pas arrivé dans le service. On nous assure de ne pas nous en faire: il ne va pas tarder à arriver. Ne paniquons surtout pas: nous sommes dans de bonnes mains.

Mais je suis, et je resterai toujours je l'espère, l'empêcheur de tourner en rond. Je me permets de rappeler que le téléphone existe et qu'il serait judicieux d'appeler le spécialiste en question pour savoir de quoi il en retourne. À ma grande stupéfaction, les infirmiers m'informent que les appels n'arrivent pas en médecine nucléaire. Ils ne dépassent pas le service de cardiologie...

Vers 10 heures, la tension monte. Les patients, qui pour beaucoup sont partis très tôt de de chez eux, commencent à avoir faim. Le personnel, très aimable, nous apporte une briquette de jus de fruit accompagnée de petits sachets debiscuits pour calmer les esprits qui commencent à s'échauffer. Le calme et l'ordre reviennent. Les patients recommencent à patienter.

Voilà qu'à 10h45, on nous annonce que le cardiologue passera trop tard. La scintigraphie ne peut plus avoir lieu ce même jour et doit être reportée à une date ultérieure et inconnue... On nous contactera pour nous en informer... On nous retire la perfusion: le produit n'aurait plus l'efficacité nécessaire si nous attendons le patricien qui pourrait arriver à partir de 13h30...Tout est flou! Et il semblerait que que cela se reproduise assez souvent. Des praticiens très exigeants avec le personnel, hautains avec les patients, légers avec leurs horaires...

Tout le monde ronchonne doucement, chacun dans son petit coin. Tout le monde se prépare à rentre chez soi, sauf l'emmerbêteur (comme dirait Boris Vian) que je suis. J'interpelle un opérateur et je lui demande où se trouve le cahier de doléances. Les autres patients me regardent interloqués. L'un d'entre eux s'approche de moi et me demande:«Vous croyez que ça sert à quelque chose?». Je lui réponds que si personne ne dit jamais rien, rien ne changera et ces pratiques, cette façon méprisante de traiter les patients, continueront. Tout le monde devrait venir signer.Les gens baissent la tête. Personne ne signe. Peur et soumission...

Quelles conclusions tirer de tout cela? Que penser du sérieux et de l'implication du patricien? Non pas par rapport à son retard qui pourrait être justifié, mais par rapport à son silence assourdissant! Que penser de chacun de ces patients, diminué par la maladie et rongé par l'anxiété d'être moins bien soigné s'il ose s'insurger et s'affirmer en tant qu'être humain? Que penser de cette injection raioactive inutile et coûteuse, non seulement pour le pays, mais surtout pour l'organisme de chacun des patients et dont les effets doivent se dissiper avant le prochain rendez-vousqui, finalement, sera reporté à un mois ? Que penser de la récurrence inadmissible de tels incidents?

Notre président aime parler des premiers de cordée... Mais que devons-nous faire lorsque les premiers de cordée nous font défaut? Nous semblons avoir perdu cet élan qu'avaient nous ancêtres, cette volonté de se battre pour l'intérêt de tous et de chacun.Serions-nous déjà un peuple asservis?
www.zinfos974.com
Lire la suite de l'article ici :

Partager cet article

Ecrire un Commentaire

Autres articles