Le salon du livre 2017, à cœur ou vers

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Le salon du livre 2017, à cœur ou vers
PAPEETE, le 14 novembre 2017 - Le rendez-vous littéraire de l’année va ouvrir ses portes ce jeudi. Il durera quatre jours, jusqu’à dimanche soir. L’occasion de rencontres avec les auteurs et illustrateurs, de découvertes des derniers ouvrages parus, d’échanges avec les éditeurs mais aussi d’activités et festivités.

La 17ème édition du salon du livre de Papeete va commencer. Cette année, c’est le thème du [VƐʁ] qui a été retenu. Un thème phonétique simple mais aux nombreux sens, homonymes, synonymes, antonymes… c'est le vers des poètes, le verre de l'amitié, le ver de la terre, le vair des haut-dignitaire du Moyen Âge ou le vert de la nature.

De nombreux auteurs et illustrateurs, dont le fameux Marcus Malte (prix Fémina 2016 pour Le Garçon aux éditions Zulma), seront présents à ce salon. Ils resteront accessibles pendant tout le temps de l’événement, dédicaceront leurs ouvrages, interviendront à l’occasion de présentation, de tables rondes…

Certains d’entre eux (Hélène Kérilis, Marcus Malte et Steeven Labeau) se rendront en plus dans les écoles de Tahiti et Moorea pour rencontrer des élèves. "C’est l’effervescence dans les classes", assure à ce propos Rainui Tirao du centre de lecture.

L’opération (la venue des auteurs et illustrateurs dans les écoles) est organisée depuis trois ans. Elle a déjà porté ses fruits. Les retours des élèves, des enseignants et des invités sont positifs. La rencontre marque les classes pour l’année, certains élèves pour la vie. "Ceux-ci découvrent comment se fabrique un livre mais aussi comment vit un auteur, où il puise son inspiration." Le livre s’installe pour de bon dans la classe, met en appétit les élèves et devient, parfois, le prétexte à une correspondance avec l’auteur rencontré.

Activités et festivités

Le salon du livre ce n’est pas seulement la présentation d’ouvrages (il y a tout de même une quarantaine de nouveautés à découvrir cette année !), la rencontre avec les auteurs et les interventions, ce sont aussi les ateliers et les soirées. "Nous avons un programme extrêmement chargé", indique Lucile Bambridge, l’organisatrice.

Le Fidjien Peter Sipeli, proposera par exemple une mise en musique de ses textes et une mise en image de sa prose vendredi soir. Sa performance nocturne baptisée "Maps of the ancestors" consistera en une "balade singulière pour renouer avec les savoirs des ancêtres, dont la mémoire est activée par l’évocation des mots".

Blackstone production "surfera sur le thème" pour réaliser des vidéos-témoignages avec les mots des visiteurs. Rendez-vous à la Maison de la culture pour répondre à la question "Et vous, votre première fois, c’était comment ? ", sous-entendu "comment était votre première fois avec un livre, ou votre dernière fois si la première a été oubliée", précise Lucile Bambridge

Une nouvelle représentation de Pina’ina’ 7.17 Écho de l’esprit et des corps sera donnée le samedi 18 novembre à partir de 19 heures. Des projections de documentaires du Fifo sont annoncées, des jeux et parcours de jeux sont prévus pour les enfants autour du livre et du thème de ce 17ème salon : jeu de l’oie, cadavre exquis, travaux manuels avec Auriane Dumortier. Il y aura en plus des joutes de traduction (voir encadré), des ateliers de fabrication de marque-pages… Pour séduire, le livre doit vivre. Il a quatre jours pour s’épanouir.

Ana’ite, la grotte du savoir de la bibliothèque universitaire

La BU (bibliothèque universitaire) "n’est pas un établissement réservé aux chercheurs et aux étudiants", insiste Anita Largouet, la directrice. C’est un espace ouvert à tous, vivant et assis dans le train des nouvelles technologies. Le salon du livre est l’occasion pour Anita Largouet de présenter Ana’ite (grotte du savoir) qui est une plateforme numérique. Des ouvrages, textes, cartes postales, bulletins libres de droit ou dont les droits ont été accordés y sont accessibles. Les Bulletins de la société des études océaniennes par exemple ont été numérisés dans ce cadre jusqu’aux éditions de l’année 2007.


Les joutes de traduction quèsako ?

Le principe est simple : deux traducteurs reçoivent le même texte (un extrait de roman, un poème) environ un mois avant l'événement. Ils travaillent chacun de leur côté puis rendent leur "copie" à un médiateur. Celui-ci compare les deux versions. Il s'intéresse aux différences de style, de choix de mots, de temps, de registre de langue…"Il y en a toujours et pas des moindres", assure Mireille Vignol, à l’initiative du jeu.
À 10h15 le jeudi 16 novembre, 11h45 le samedi 18 novembre.

Le livre florilège vient de sortir

Le principe du livre florilège est de compiler les textes couchés dans les carnets d’écriture par des individus anonymes. C’est un livre qui rassemble des mots et des idées d’un très grand nombre de personnes réparties sur les cinq archipels de Polynésie. C’est un projet d’écriture commune. "Ce que j’écris ou dessine, figure dans un livre qui circule et qui a sa place dans une bibliothèque", résume l’AETI. La première opération du genre a eu lieu en 2005. La deuxième a été lancée en 2016 pour une diffusion en 2017. Sylvie Couraud, première lectrice de la matière brute des carnets insiste sur " le plaisir lié à la découverte des textes " et sur " l’émotion toute particulière que certains suscitent. J’espère les partager avec beaucoup d’autres lecteurs ".
Trois mille exemplaires ont été imprimés. Ils sont disponibles gratuitement sur le salon.

Quelques chiffres concernant l’édition 2017 :
Sur 10 000 carnets distribués, 340 ont été restitués.
326 écrivants se sont exprimés en français.
14 écrivants se sont exprimés en reo.
53% des écrivants vivent à Tahiti, les autres se répartissent à Moorea, aux Raromatai, aux Australes, aux Tuamotu, aux Marquises.
50 carnets ont été restitués sans indication géographique.
Un carnet fait mention d’une île imaginaire.
17,5% des écrivants ont moins de 10 ans.
66% des écrivants ont entre 10 et 18 ans.
10% des écrivants ont entre 18 et 60 ans, 5% ont plus de 60 ans.




Un prix Goncourt du lycéen local

L’association des membres de l’ordre des palmes académiques, en partenariat avec le vice-rectorat, le ministère de l’éducation de la Polynésie française, l’association des éditeurs de Tahiti et des îles lancent la première édition des Prix Amopa. "C’est un peu le prix Goncourt lycéen, en peut-être plus simple", résume Patrick Lambert, assesseur. Ce prix s’adresse aux écoliers et lycéens. "Nous souhaitons encourager les élèves à lire de façon plus autonome et indépendante et pas seulement le stricte cadres scolaires et pour répondre à des questions d’utilité et de programme." Un prix, qui implique la participation de jury, permet cela.
Les prix Amopa (celui des écoliers et des lycéens) sont régis par les principes suivants : les ouvrages en lice doivent être édités localement, cela doit concerner des auteurs de la région Pacifique, les jurys doivent être composés exclusivement de lycéens, écoliers du CM2.
"Notre objectif est de rendre le livre le plus populaire possible, par tous les moyens, que les gens se l’approprient", explique Christian Robert des éditions Au Vent des îles en tant que partenaire. Voici un nouvel "outil".
Onze établissements participent à cette initiative, les résultats seront annoncés en avril 2018.

Animations sur site

Sur place, iI y aura un "mur" sur lequel le public pourra coller des post-it mis à disposition. L’idée ? "Écrire un mot dans lequel on entend le son ‘ver’", explique Mylène Raveino, responsable des activités permanente à la Maison de la culture. La Maison de la culture étant co-organisateur du salon du livre. Un cadavre exquis sera lancé à partir de la phrase : " Un petit bernard l’hermite aux yeux verts s’était pris les pattes dans une pantoufle de vair un soir de Noël quand il croisa un ver de terre qui se débattait dans un verre !". Par ailleurs, les visiteurs pourront découvrir l’application Pressreader (la presse en ligne) sur des tablettes mises à disposition dans la bibliothèque adultes de la Maison de la Culture. Jeudi et vendredi, une animation baptisée "Aide le vers vert à aller vers le verre" est prévue. C’est un jeu de piste. Pendant le week-end deux animations ont été imaginées. Une animation pour les 4-6 ans, inspirée du jeu de l’oie "À table les grenouilles !" Les 8-10 ans pourront s’amuser avec les homonymes grâce au "jeu du vers de terre".


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