Le PCR prépare ses 60 ans

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Le PCR prépare ses 60 ans
L'année prochaine, en mai 2019, le PCR fêtera ses 60 ans d'existence. Il fut créé par Paul Vergès les 17 et 18 mai 1959, en accord (un peu forcé aux entournures) avec le PCF. L'occasion pour le parti de faire le bilan et de se positionner autour de la problématique mondiale du changement climatique, qu’il place, revenant à la pensée de Paul Vergès après une période d’incertitude idéologique, au coeur de son projet pour La Réunion.

Cette année précédant l'anniversaire sera ponctuée d'évènements divers sur le thème de l'histoire du PCR et de sa vision de l'avenir. Elle sera inaugurée par un hommage aux "zarboutans" du PCR (les militants de la première heure), qui se tiendra samedi à Sainte-Suzanne.

Le développement durable, nécessaire remède au changement climatique, est depuis longtemps le fer de lance du PCR. En effet, comme l’a rappelé cet après-midi Ary Yee Chong Tchi Kan, Paul Vergès, alors sénateur, fut à l'origine d'une loi votée à l'unanimité instaurant un Observatoire National des Effets du Réchauffement climatique (ONERC) qu'il présida durant 15 ans. "En 1996, Paul Vergès a tenu une conférence de presse sur le réchauffement climatique, affirmant que ce serait désormais l'enjeu principal du monde, il fut la risée de tous", se remémore Ary Yen Chong Tchi Kan, lui-même auteur, il y a dix ans, d’un ouvrage prônant la "réconciliation réunionnaise" face à l’impératif climatique.

Une existence intrinsèquementliée à l'histoire de La Réunion

Le PCR fera donc le bilan de ses 60 années d'existence, intrinsèquement liées selon lui à l'histoire de La Réunion. Maurice Gironcel inscrit la loi de 1946, dite "de décolonisation" dans les points positifs de ce bilan. Une décolonisation que le maire et conseiller général de Sainte-Suzanne estime paradoxalement toute relative, appelant à "la création d'une collectivité territoriale élue à la proportionnelle, qui puisse voter des lois mettant en place le développement durable et solidaire de La Réunion". "Nous sommes arrivés au bout du système d'autonomisation/intégration. Le système est à revoir", clame le premier secrétaire, avant d'enfoncer le clou : "L'intégration ne marche pas".

Le mot d’ordre d’ "Autonomie", abandonné par le PCR en 1981, semble bel et bien relancé. Surprise : à l’appui de cette revendication, Maurice Gironcel ne cite ni Paul Vergès, ni un leader de la zone, mais…l’ancien ministre giscardien Bernard Pons, ancien ministre chiraquien et protagoniste du sanglant épisode de la grotte d’Ouvéa, dont les trente ans ont été commémorés le premier mai dernier.

Corollaire de ce mot d’ordre relooké, le PCR appelle de ses voeux une autonomie au sein de la zone Océan Indien, via des accords avec Madagascar, l'Afrique du Sud, l’île Maurice et les Comores, mais aussi l'Inde et la Chine. Maurice Gironcel estime que cette insertion de La Réunion dans son environnement est impossible en l'état actuel des choses : "Les accords de partenariats économiques se font toujours sur le dos des Réunionnais. Le pouvoir central parisien a toujours privilégié les intérêts des différents gouvernements en place, de quel bord qu'ils fussent.". Et d'ajouter que les investissements hexagonaux ou européens finissent dans la poche des multinationales.

Le PCR verra désormais les problématiques sociales et économiques de La Réunion au prisme des accords de Paris (signés à la suite de la COP 21, NDLR), qui sont opposables aux Etats, entreprises, associations, et individus. Ce traité universel fournira le nouveau cadre de pensée du parti, avec pour objectif premier de "sauver la vie". Une urgence planétaire qui conduit Ary Yee Chong Tchi Kan à souhaiter "une nouvelle civilisation, égalitaire, fondée sur le cadre des accords de Paris", dont il estime que la date de signature, le 4 novembre 2016, est une date-clef pour l'humanité.

Reste à savoir de quelle manière ces déclarations, qui correspondent aux fondamentaux du PCR, se combineront avec l' "éco-socialisme" prôné par la France insoumise dont le leader, Jean-Luc Mélenchon, et son représentant réunionnais, Jean-Hugues Ratenon, ont fait leur cheval de bataille... et invoquent tous deux en la matière, l'héritage de Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais.

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