[L’édito de Pierrot Dupuy] La mort annoncée de la sur-rémunération

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[L'édito de Pierrot Dupuy] La mort annoncée de la sur-rémunération


Et voilà que l’on parle de la sur-rémunération. Il fallait bien s’y attendre un jour ou l’autre. Encore que, en l’espèce, seules sont remises en cause les indexations sur les primes, et non pas sur les salaires, et uniquement dans le secteur hospitalier.

Imaginez le ramdam si demain ça devait être pareil dans toute la fonction publique: d’état, des collectivités locales et du secteur hospitalier, et sur l’intégralité des salaires!

Pourtant, chacun est bien conscient que ce problème arrivera tôt ou tard. Si ce n’est pas sous ce quinquennat, ce sera sous le suivant. Mais une chose est sûre, ça arrivera un jour.

Pourquoi? Tout simplement parce que cette sur-rémunération n’a plus lieu d’être. Elle avait été accordée dans les années 50 pour inciter les fonctionnaires métropolitains à venir dans les DOM. Il est vrai que les conditions de vie n’y étaient à l’époque pas très réjouissantes: outre le fait qu’il fallait trois semaines pour venir en bateau, les routes étaient embryonnaires et les conditions d’hygiène et de santé plus que sommaires. Normal donc que l’on sur-paye pour inciter les gens à venir. Un peu comme aujourd’hui à Mayotte ou les fonctionnaires bénéficient de primes bien supérieures à celles de la Réunion.

Mais les conditions ont bien changé. Il ne faut plus que 10h de vol pour venir à la Réunion, et le prix des billets a considérablement chuté. Qui se souvient qu’un billet en avion dans les années 70 représentait plus d’un mois de salaire? Et que seuls pouvaient voyager les très hauts fonctionnaires et les grands patrons dont c’étaient les entreprises qui payaient?

Les routes, les hôpitaux et les conditions de vie d’une façon plus générale ont considérablement évolué. Au point qu’aujourd’hui, on serait plutôt menacés par un trop-plein que par un manque de main d’œuvre.

Mais surtout, surtout, le coût de la vie a considérablement chuté. Je ne sais pas si l’INSEE a raison quand elle estime le surcoût à 6%, mais une chose est certaine: ce n’est plus 53%.

Donc, il serait logique, équitable même, que ça change, ne serait-ce que par rapport à tous ceux qui ne sont pas fonctionnaires et qui, outre le fait qu’ils ne bénéficient pas de la sécurité de l’emploi, ne touchent pas la sur-rémunération. Or, la vie est chère pour tout le monde.

Comment faire? La solution imaginée par Emmanuel Macron pour la SNCF pourrait facilement être transposée ici: tous les fonctionnaires en place conserveraient leurs avantages acquis jusqu’à leur retraite et on appliquerait le salaire métropole, plus une prime correspondant au réel surcoût de la vie, à compter d’une date donnée pour toutes les nouvelles embauches.

Face à cette évidence, les syndicats jouent les ahuris, faisant mine de découvrir le problème alors que ça fait des années qu’ils savent que la sur-rémunération sur les primes n’a aucune base légale.

De même, les politiques sont tout autant hypocrites. Pour ne pas se mettre à dos leur électorat, ils jouent les démagogues, tout en sachant très bien que la refonte du système est inéluctable.

Mais c’est Ericka Bareigts qui remporte haut la main la palme des faux culs. Elle a été ministre des Outre-mer, donc elle connaissait parfaitement le problème. Et elle fait mine aujourd’hui de prendre la défense des fonctionnaires… Pourquoi n’a-t-elle pas, en son temps, fait voter une loi pour sécuriser ces primes, si vraiment ça lui tenait tant à cœur?

Tous des hypocrites, je vous dit…
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