[L’édito de Pierrot Dupuy] Emmanuel Macron sur BFMTV : Un débat qui restera dans les annales

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Le débat de dimanche soir entre Emmanuel Macron d’un côté, et Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plénel de l’autre, restera à n’en pas douter dans l’histoire des interviews présidentielles.

Au même titre par exemple que celle de François Mitterrand en 1986 où on avait vu un Yves Mourousi oser s’asseoir sur le bureau pour questionner le président de la République.

Comme l’a dit un expert en communication, il y aura un avant et un après.

Je ne vous parlerai pas du fond. J’imagine que vous avez largement eu l’occasion de lire des résumés de ce qui a été dit dans vos journaux préférés. Je m’en tiendrai donc à la forme.

Dimanche soir, on a vu les deux journalistes arriver sans cravates, le comble de l’expression révolutionnaire apparemment pour eux. De même, ils se sont évertués à appeler Emmanuel Macron par son nom et son prénom, et non pas par M. le Président de la République comme il est de coutume. Si ça a pu leur donner l’impression d’être originaux, tant mieux pour eux. Moi, j’y ai plutôt vu un manque d’éducation. A chacun sa vision…

Cette émission restera également dans les annales du fait du ton utilisé par les deux journalistes pour poser leurs questions. On avait l’impression d’avoir affaire à deux militants politiques, et non pas à deux journalistes, qui étaient venus là, non pas pour poser des questions, mais pour s’écouter parler et se mettre en valeur.

La critique vaut surtout pour Edwy Plénel, qu’Emmanuel Macron a remis plusieurs fois à sa place en lui demandant d’arrêter de faire des «amalgames» ou de raconter des «bêtises». Au point que le patron de Médiapart a fini par lui lâcher à un moment donné: «Vous n’êtes pas ici le professeur et je ne suis pas votre élève». Malheureusement pour lui, c’est exactement l’impression que cela donnait. Et le mauvais élève, à plusieurs reprises, s’est fait taper sur les doigts. Ce qui était le plus étrange pour moi, c’est qu’après s’être fait ainsi recadrer à plusieurs reprises, avec des faits et des chiffres précis, on aurait pu s’attendre à voir Edwy Plénel rebondir, essayer de se défendre. Il n’en a rien été. Comme un élève pris en faute, il rentrait la tête dans les épaules et laissait Jean-Jacques Bourdin passer à la question suivante.

Jean-Jacques Bourdin de son côté, a fait du… Jean-Jacques Bourdin. Défenseur de la veuve et de l’orphelin, accessoirement du retraité, il a posé comme à son habitude des questions ampoulées, tout en s’écoutant parler. Avec cependant une certaine impertinence, il faut bien le reconnaître, ce qui a permis de remonter sensiblement le niveau du débat.

Il n’en reste pas moins que j’avoue avoir été un peu déçu de m’être couché à 2h du matin pour un débat qui m’a laissé un sentiment de mal-à-l’aise.

C’est peut-être Christian Estrosi, le maire de Nice, qui a le mieux résumé ce combat de coqs: «En cherchant à abaisser la fonction présidentielle, les journalistes abaissent en réalité la fonction de journaliste»…
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