​Une rencontre inopinée et rafraîchissante dans le bus - DomTomNews

​Une rencontre inopinée et rafraîchissante dans le bus

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​Une rencontre inopinée et rafraîchissante dans le bus
Il m'en est arrivé une extraordinaire lundi ; une de ces rencontres dont on se demande après si on n'a pas rêvé. Et pourtant...
Je montais dans le bus rose vers le marché couvert de Saint-Pierre. Sur le siège derrière le conducteur, un petit Malbar assez âgé, souriant, s'aperçoit que je suis sur béquille et, aussi sec, se recule côté vitre pour me laisser la place côté couloir. Un vieux cédant la place à un autre croulant... Charmant mais logique : les jeunes ont leur gros cul vissé à leur fauteuil.

Je m'installe en le remerciant. Il est bien plus petit que moi, souriant, cheveux gris... moi aussi. Son visage me dit quelque chose mais quoi ?

"Mi connais à ou, moins", osai-je.
"A moin Tangatchy et à ou missié Binard ! Ou la mette à moin dan' gros liv' l'histoire La Rénion-là ".
Bonsanmécébiensûr ! aurait dit Gotlieb. "Tangatchy", Raymond-le-Grand, "le coureur aux pieds nus" selon le titre de l'article que je lui avais consacré dans "le gros liv' ", le Mémorial volume 6.

Tout m'est revenu en mémoire et au visage comme une grande claque de souvenirs précieux.

Là, pour le bus, il avait daigné chausser des tongs. On a bavardé de façon désordonnée. Il me parla beaucoup de son ami Prianon, autre grand monsieur qui a beaucoup fait pour les jeunes du Chaudron, autre grand champion lui aussi resté invaincu de longues années durant.

Une anecdote me revient, récoltée du temps du Mémorial... Dans le 1er. tour de l'île par étapes, Raymond était en tête, largement, dans le Grand-Brûlé. Lorsque le peloton parvient à sa hauteur, notre coureur est juché à quatre mètres de hauteur sur un rocher et se tape des goyaviers mûrs par dizaines.

Il laisse filer le peloton cinq minutes, descend de son perchoir, rattrape ses concurrents, leur offre les goyaviers garnissant ses deux mains et s'en va, pour les attendre sous la banderole d'arrivée, à Piton-Sainte-Rose !!!!!

On se quitta à la gare, lui rentrant chez lui à La Rivière (je ne savais pas que nous étions originaires du même coin), moi repartant vers mon Bois-d'Olive. Quel petit bonhomme extraordinaire, souriant, très modeste, heureux de vivre "minm si impôts i rôde à moin ! Là, i fo paye à zot sinon sa i vient saisir à ou".

Que vouloir saisir chez un être aussi désargenté ? Car Raymond a certes recueilli la gloire, mais du fric, ça, jamais !

Saisir sa gentillesse ? sa modestie ? ses pieds nus ?

L'échange avec Raymond m'a rafraîchi, ragaillardi l'esprit. Je vous en souhaite autant, les amis.

😀😀😀😀😀
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